Les déboires du Grand Paris

Le Grand Paris, c'est la construction de plusieurs lignes RER destinée à désengorger les transports en commun souvent saturés et à favoriser la mobilité dans des zones mal desservies par le réseau actuel. La gestion du projet a été confiée à la Société du Grand Paris (SGP), créée par l’État en 2010.   

La Cour des Comptes s'est récemment  intéressée à cette gestion et a fourni en janvier un rapport au vitriol : c'est un projet dont "les coûts ne cessent de dériver" : L'objectif avait été initialement (2013) fixé par le Gouvernement à 22 milliards d'euro. Une première dérive (28 milliards)  avait été constatée au printemps 2017 par la SGP elle même,  qui, en janvier 2018, révise encore sa copie pour parler en janvier 2018  de 38.5 milliards, soit une dérive de près de 10 milliards d'euro en moins d'un an !!! La Cour des Comptes parle "d'études initiales très fragiles", d'un calendrier très ambitieux de mise en service intégrant l'échéance des Jeux Olympiques de 2024, qui contribue encore à renchérir les coûts, de financements incertains. C'est purement et simplement la soutenabilité économique du projet qui est en cause.

Le calendrier de réalisation, qui prévoyait initialement une mise en service échelonnée entre 2020 et 2030, a été réduite du fait de l'échéance des jeux olympiques, ce qui fait dire au rapport : "Le réalisme de ce nouveau calendrier (...) apparait très discutable. Il pose la question de la capacité d'absorption du marché européen des travaux publics (...) et d'un possible renchérissement des prestations". Car ni le nombre des machines à utiliser, ni la main d’œuvre, ne sont extensibles. En clair, cela signifie qu'il y a un facteur limitant du côté des opérateurs, engendrant une concurrence entre les projets qui pourrait elle aussi faire exploser les coûts.

Dans un projet de cette ampleur, il est inévitable que la réalisation se heurte à des difficultés techniques imprévues. Ainsi en est-il de la ligne 15 Sud, bloquée à Saint Maur. Ces difficultés, elles aussi, retardent les projets et créent des surcoûts non-maitrisés.

Il y a aussi la question de l'endettement, évoqué par la cour des comptes : celui-ci, selon les dernières révisions des coûts, générerait un montant des frais financiers de près de 134 milliards d'euros. Les échéances de  remboursement complet de la dette, fixées au départ à 2059, passeraient à 2084, voire au delà de 2100 en cas de baisse du rendement des taxes fiscales, d'augmentation des taux d'intérêt et de l'indice du coût de la construction. Cette dette pourrait même ne jamais être remboursée. Le rapport de la Cour des Comptes précise : « le classement de la SGP dans le sous-secteur des administrations publiques en comptabilité nationale a pour effet de classer son déficit en déficit public et l’encours de sa dette en dette publique ». Ce qui signifie que, de la même façon que la dette de la SNCF a été réintégrée dans la dette publique, l'opération Grand Paris se révèle à haut risque pour les finances de L’État.

La Cour des Comptes invite les pouvoirs publics à prendre leurs responsabilités  : «La soutenabilité du projet doit être préservée par l’État, ce qui nécessite une révision du périmètre du projet et de son phasage, faute de quoi il serait contraint d’affecter à l’établissement de nouvelles recettes. » Cela implique la modification d'un calendrier devenu insoutenable - c'est à dire un allongement de la durée des travaux - et une modification du périmètre du projet - c'est à dire la suppression de certains tronçons.

Concernant le calendrier, les décisions du Gouvernement ont été révélées au cours d'une conférence de presse du 22 février : deux priorités ont été fixées : la réalisation des lignes utiles au plus grand nombre de franciliens et l'accessibilité des sites olympiques. Sont concernés essentiellement le tronçon commun entre la ligne 16 et la ligne 17 (voir plan en fin d'article), la ligne 14 et la ligne 15 Sud. Le Grand Paris prévoit de mobiliser l'ensemble des moyens sur ces lignes, causant un report des autres lignes, voire un abandon de la ligne 18.

Il serait logique que la définition d'un nouveau périmètre se fasse également en termes d'utilité pour la population. On pense à la ligne 17, qui se justifie jusqu'au Bourget et dessert ensuite des zones non-habitées, dont une gare "en plein champ" destinée à desservir le futur complexe Europacity, au prix d'un détournement. L'abandon de cette portion de ligne et, par conséquent, du projet EuropaCity (ce qu'il n'y aurait pas lieu de déplorer) permettrait d'économiser le milliard d'euro que coûterait le détournement et la gare.

L'abandon d'EuropaCity serait pour beaucoup un point positif, mais il n'y aurait pas lieu d'en être satisfait : je vivais à Montréal en 1976 et me rappelle la gabegie des Jeux Olympiques, qui ont été un modèle du genre en termes de dérapage du budget. Dans les années 90, les montréalais pouvaient encore dire "Merci monsieur Drapeau" (à l'époque maire de la ville), car ils n'avaient pas encore fini de payer leurs jeux. L'éventualité des mêmes dérapages en France serait inacceptable dans un contexte qui renforcerait encore l'austérité que nous subissons, en jouant toujours sur la même variable d'ajustement, les dépenses sociales. Mais il y a un risque réel et il est dû à la gestion très approximative (euphémisme !) de la SGP.

          

L’Union locale PN2, toujours présente, toujours active

Nous avons fin juin dernier procédé à la désignation de la nouvelle Commission Exécutive de l’UL laquelle m’a fait l’honneur de m’élire aux fonctions de Secrétaire Général. J’en profite donc pour remercier le bureau sortant et plus particulièrement Micheline, Pierre et Christian pour l’immensité du travail qu’ils ont accompli durant tant d’années. Je leur souhaite tout le bonheur possible dans leurs toutes nouvelles activités de retraités sans oublier de les inviter à venir donner réalité au comité de retraités dont l’Union Locale voudrait se doter. N’oublions pas que se sont justement les retraités qui aujourd’hui sont les premières victimes de la politique de régression sociale que veut imposer le gouvernement. C’est en pensant à eux mais aussi à chacun d’entre nous (car a plus ou moins long terme nous serons tous concernés) que j’ai la certitude absolue qu’il va nous falloir à très courte échéance nous mobiliser pour nous opposer à ces projets du clan Macron-Philippe de mettre à mal non seulement nos retraites et les revenus déjà bien maigres de nos retraités, mais aussi l’ensemble de notre modèle social. Les retraites, l’assurance chômage et la sécurité sociale sont, nous le savons dans le collimateur de ces suppôts du capitalisme en général et de la finance en particulier.

Ne soyez pas choqués ni outrés mes camarades lorsque je vous affirme que nous sommes en guerre, la guerre des classes bat son plein et nous sommes à la veille d’une bataille décisive. Macron a candidaté pour faire le sale boulot, la besogne qu’avait débuté le gouvernement Sarkozy et qu’avait cautionné et poursuivi le gouvernement Hollande. Qu’on ne s’y trompe pas quels que soient leurs discours tous étaient aux ordres des mêmes puissants et de leurs lobbyistes. Nous sommes et restons l’ennemi désigné, les travailleurs, les salariés, les improductifs et les fainéants en première ligne. Nous devons faire abstraction des détails qui nous différentient car en réalité nous sommes tous les victimes désignées de ce système dont le seul but est de nous asservir encore et encore pour augmenter leurs profits.

Macron a obtenu le mandat et trompé les foules pour pouvoir aujourd’hui montrer son vrai visage et mener le combat contre la majorité que représentent les salariés. Le plus drôle est que l’individu depuis toujours a la solde de la finance est même arrivé à tromper ses propres troupes puisque qu’aujourd’hui ont commence à entendre des sons de voix discordante au sein de la République en marche. Notre Hulot national aurait il jeté un pavé dans la mare en démissionnant et crachant son venin sur l’action gouvernementale « séquence trahison » dans laquelle on ne sait pas qui trahit qui mais qu’importe.

Quoi qu’il en soit nous voyons bien que Jupiter Macron entend bien mener à bien sa mission et ce sans chercher le moins du monde a ménager ses administrés qu’il qualifie un jour de fainéants, un jour d’improductifs à quand les inutiles et les assistés sachant que ceux qui ne cautionnent pas son projet ne sont comme il le clame lors de ses visites à l’étranger que des gaulois réfractaires. (Il n’a pas encore dit qu’il avait été élu par des abrutis ce qui d’ailleurs n’est pas totalement faux mais je ne serai pas surpris que cela arrive lorsqu’il visitera les nouveaux fachos européens en Hongrie ou en Italie car après tout les politiques qu’ils veulent mettre en place sont bien les mêmes seuls diffèrent les moyens d’y parvenir)

Quoi qu’il en soit qu’il le sache, plus que jamais l’Union Locale Paris Nord 2 est prête et ses adhérents bien disposés à mener ce combat pour la préservation de ce modèle social que nos anciens ont arraché de hautes luttes. Nous sommes d’autant plus prêts que ce sera pour nous l’occasion de montrer à nos prédécesseurs que nous sommes leurs dignes héritiers et que nous mettrons tout en œuvre pour mériter la confiance qu’ils ont mise en nous. Les objectifs sont clairs la défense de nos acquis et la conquête de nouveaux droits. 

                                                                    Jean-Claude Hacquard, nouveau secrétaire de l'UL Paris-Nord2 


 

 

D'une turpitude à l'autre, Fillon poursuit son chemin électoral. Sa fille elle-même paufine son image peu flatteuse de radin invétéré en révélant  avoir versé à son père 30000 euro pour couvrir les frais de son mariage. Ce n'est pas illégal, mais cela est révélateur du personnage !
Puis vient la séquence "my tailor is rich" : dans le domaine du "bling-bling", Fillon a dépassé son maître Sarkozy, en se payant - ou plutôt en se faisant payer - des costumes sur mesure à 7000 euro la pièce, offert par un de ses "amis" avocat, Maître Robert Burgi qui, après avoir nié être l'auteur de ce "cadeau", a dû le reconnaitre devant l'afflux des preuves apportées par l'enquête; Cela lui vaut un réquisitoire supplétif pour trafic d'influence.
Le 14 mars dernier, Médiapart révèle les eaux troubles de la société 2F conseil, fondée par François Fillon quelques jours avant une élection où il se présentait (car, une fois élu, il n'aurait pas pu le faire) : il "conseille" d'abord la société d'assurance AXA pour un montant total d'honoraires de 200000 euro, dans le cadre de missions censées "ouvrir des portes à Berlin et à Bruxelles". En clair, du lobbying, qui évoque un conflit d'intérêts similaire à celui de Barroso, pour lequel la défense est "mais tout ceci était légal". Assurément,de quoi intéresser le déontologue de l'Assemblée Nationale. En grattant encore un peu plus, on tombe sur les "relations d'affaires" entre 2F conseil et la société FPI et son propriétaire, le milliardaire Fouad Makhzoumi, dont les "relations d'affaires" avec le ministre de la défense britannique ont conduit ce dernier en prison. Pour toute réponse, monsieur Fillon plaide la légalité, mais pas l'éthique : il y a deux proverbes étrangers qu'il devrait méditer, l'un anglais (Pour souper avec le diable, il faut une longue cuiller) et l'autre allemand (Qui se couche avec les chiens se réveille avec des puces)
Et la liste des casseroles s'allonge, car, cerise sur le gâteau, un complément d'enquête est maintenant requis sous les motifs escroquerie aggravée et faux et usage de faux : en effet, les enquêteurs ont récemment saisi à l'Assemblée Nationale un état des heures travaillées par Penelope et signées par celle-ci. Ces documents étant passés inaperçus lors d'une précédente perquisition, ils se demandent maintenant s'il ne s'agit pas tout simplement de fausses déclarations établies à postériori. Voilà le profil peu reluisant du candidat à qui les républicains espèrent voir accorder par les électeurs une immunité présidentielle de cinq ans !

Si ses démélés avec la justice sont moins spectaculaires que ceux de Fillon, ils n'en jètent  pas moins lourdement le discrédit sur le parti qui lave plus blanc que "l'UMPS": Marianne titre, dans son dernier numéro : "Comment le Clan le Pen se gave d'argent public". Ce sont trois affaires qui menacent immédiatement la campagne de Marine le Pen (MLP), la cantatrice du "tous pourris".
Le patrimoine sous-évalué des le Pen père et fille, visé par une enquête préliminaire ouverte au début de 2016 : il ne s'agit, pour l'instant, que d'une suspicion. Si cette évaluation mensongère devait être avérée, MLP serait passible de trois ans de prison et de 45000 euro d'amende. La peine encourue par son père serait encore plus sévère.
Le financement des campagnes électorales de 2011 à 2015 fait l'objet de trois enquêtes préliminaires différentes : 
Une enquête, ouverte en 2012, qui implique le micro-parti "Jeanne" de MLP et deux de ses dirigeants, qui ont été mis en examen. La présidente du Front National a, pour sa part été entendue comme témoin assistée, mais n'a pas été mise en examen, tenue, contre toute vraisemblance, dans l'ignorance du mécanisme présumé de financement aux détriments des deniers publics (décrit dans la figure ci-contre).
Les emplois fictifs d'attachés parlementaires : Ce n'est pas moins de 20 assistants parlementaires du FN qui sont dans le collimateur de l'OLAF (Office Européen de Lutte Antifraude) pour suspicion d'emplois fictifs au parlement européen : en fait, MLP, à laquelle il est demandé à titre individuel le remboursement des salaires versés à deux de ses "assistants" qui étaient en réalité employés par le Front National. Ce serait un total de 7,5 millions d'euro qui serait ainsi passé dans l'escarcelle du Front National. Ces faits font également l'objet d'une enquête judiciaire en France pour financement illégal de parti. Cette enquête pourrait aboutir à une mise en examen pour abus de confiance, recel d'abus de confiance, escroquerie en bande organisée, faux et usage de faux. Mais c'est presque tous les partis qui pourraient faire l'objet d'une telle procédure et pour les mêmes raisons.
MLP pourrait également se retrouver devant les tribunaux pour escroquerie à l'URSSAFF : Une accusation de travail dissimulé la vise également pour l'emploi au noir de son chauffeur, sur plainte de l'intéressé. Pour une candidate qui prétend réduire le déficit budgétaire en luttant contre la fraude, ça ne manque pas de sel !
Pour en finir avec cette longue liste de crapuleries qui montre bien que le FN n'est qu'un panier de crabes comme les autres, rappelons que l'immunité parlementaire de MLP a été levée. Non pas pour les faits qui ont été évoqués, malheureusement, mais pour un autre qui n'a rien à voir : la publication d'images violentes et, notamment, de la décapitation par DAECH d'un journaliste américain. Ce fait, qui instrumentalise honteusement la mort de ce journaliste, pourrait lui valoir trois ans de prison et 75000 euro d'amende. Et là, elle sera obligée de se rendre aux convocations de la justice, puisqu'elle n'est plus protégée.

Nous passerons sur une affaire "Fillon bis", celle de Bruno Leroux appointant ses filles mineures comme assistantes parlementaires. Lui, au moins, a eu le bon goût de démissionner, mais ne fait pas moins l'objet d'une instruction du Parquet Financier.

Car plus encore que les cas Cahuzac, Leroux, Dassault, Balkany, etc., ce qui apparaît comme un symptôme de la pourriture de cette république, c'est le fait que deux candidats à la présidentielle sur lesquels portent des suspicions aussi lourdes puissent remettre en cause l'institution judiciaire et prétendre à la magistrature suprême.

Et pourtant, si on veut enfin assainir les écuries d'Augias et moraliser la vie politique, quatre mesures pourraient être gravées dans le marbre de la constitution, même si elles ne sont pas toutes simples à mettre en oeuvre.
- Abolir les immunités des élus - y compris le Président de la République - pour tout fait relevant du droit commun. Il ne s'agit pas là, comme le prétend Fillon, d'une entorse à la séparation des pouvoir. C'est la situation actuelle qui en est une, en permettant aux élus de narguer la justice. Si cette mesure avait été mise en oeuvre, Chirac n'aurait pas pu narguer la justice pendant cinq ans et Sarkozy aurait été mis en examen plus tôt.
- Instituer une mesure "d'inégibilité préventive", qui interdirait à tout citoyen mis en examen de se présenter à une élection, quelle qu'elle soit, jusqu'au moment où la justice aurait rendu une ordonnance de non-lieu.
- Que toute peine d'inégibilité prononcée par un tribunal pour des faits liés à l'exercice d'un mandat le soit à vie :  un élu condamné pour des faits liés à l'abus de sa position ne mérite plus qu'on lui fasse confiance. S'il en avait été ainsi dans le passé, on ne compte pas le nombre d'hommes politiques qui auraient été hors course. Aujourd'hui, Juppé n'aurait pas pu se présenter aux primaires et les Balkany et Dassault ne pourraient plus se présenter à une élection.
- Institutionnaliser l'obligation d'un casier judiciaire vierge pour pouvoir se présenter à une élection.

Ces mesures ne pourront être adoptées que si une VIeme république vient à remplacer cette Veme monarchique et à bout de souffle. Un seul candidat le propose. A chaque électeur d'en tirer les conséquences.