Guerre des locaux contre les syndicats

Il n'y avait rien à attendre de plus de cette classe politique qui, tous partis confondus à l'exception de la France insoumise, a choisi déliminer l'influence syndicale par tous les moyens par le procédé le plus déloyal : la fermeture des locaux dans lesquels sont installées les Unions Locales. 

Cela a commencé au Blanc Mesnil avec l'annonce, par la mairie de droite nouvellement élue, de la fermeture de la bourse du travail qui a suscité une réaction intersyndicale  exprimée par plusieurs manifestations et rassemblements devant la mairie. Aujourd'hui c'est fait : malgré l'opposition des principaux syndicats, la bourse du travail de Blanc-Mesnil n'existe plus, la CGT a perdu une grande partie de ses moyens d'action, en particulier la subvention qu'elle touchait de la mairie, qui lui permettait de rémunérer deux salariées aujourd'hui au chômage.

C'est une véritable épidémie de tentatives de fermetures qui a alors suivi : la mairie de Bobigny, récemment passée à droite, a également menacé de fermer la bourse locale du travail, qui abritait les Unions Locales, parmi lesquelles celle de la CGT. Déjà, avant la fermeture annoncée, elle avait amputé la subvention de fonctionnement de la bourse et entraîné le licenciement du régisseur et de la femme de ménage.  Là aussi, la municipalité a choisi le rapport de force, mais celui-ci n'a pas tourné en sa faveur : le 17 février 2016, un rassemblement est venu perturber le conseil municipal et la détermination des militants présents a fait reculer la mairie : la bourse du travail annexe de Bobigny reste ouverte, mais doit fonctionner avec moins de moyens.

Aujourd'hui, c'est la bourse annexe du travail de Paris Nord 2 qui est menacée : (à suivre)

 


Verdict Lagarde, justice de friqués !

De toutes les justices de classe, la plus écœurante est celle de la cour de justice de la République (CJR), comme en témoigne le verdict rendu en faveur de Christine Lagarde, poursuivie pour avoir dilapidé 400 millions d'euro d'argent public par le moyen d'un arbitrage rendu en faveur de Bernard Tapie.

S'il est vrai que la CJR n'a pas suivi les réquisitions du procureur de la République, qui demandait la relaxe pure et simple, la décision qu'elle a prise est encore pire : alors que le moindre justiciable est condamné à de la prison ferme pour avoir volé cinq kilos de nouilles chez un particulier (qui au demeurant, n'avait pas porté plainte), madame Lagarde est, pour sa part dispensée de peine ! France 3 midi pyrénées fait le parallèle avec la justice des "misérables" de Victor Hugo où, pour avoir volé du pain, Jean Valjean est condamné à quinze ans de bagne. Le principe de base n'a pas changé, même si aujourd'hui - et c'est heureux - la sévérité des peines prononcées n'est plus la même.

Revenons à l'affaire Lagarde et à sa conclusion : madame Lagarde est bien reconnue coupable : son recours à l'arbitrage, selon la cour, était légitime, mais pour n'avoir pas demandé d'explications devant le résultat qui, selon ses propres dires, l'avait consternée et stupéfiée. Y a-t-il eu seulement une demande d'explications concernant cet arbitrage ? Que non, répond le tribunal, qui commente : "une demande d'explications [...] s'imposait pour comprendre le processus d'une sentence arbitrale aussi choquante. Une telle demande aurait, sans nul doute, permis de découvrir, comme l'a fait plus tard la cour des comptes, une modification de la rédaction du recours d'arbitrage", qui aurait conduit à l'annulation de celui-ci".

Un tel constat vaut reconnaissance de la complicité de madame Lagarde dans une escroquerie aux frais du contribuable et elle est donc déclarée coupable par le tribunal. L'article 432-16 du code pénal aurait dû s'appliquer dans toute son intégrité, car il s'applique rigoureusement au cas de madame Lagarde : "Lorsque la destruction, le détournement ou la soustraction par un tiers des biens visés à l'article 432-15 résulte de la négligence d'une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public [...], celle-ci est punie d'un an d'emprisonnement et de 15000 euro d'amende. L'énoncé de ces deux articles de loi rend l'affaire parfaitement claire : l'auteur du détournement est sévèrement puni par la loi, mais la "négligence" des personnes détentrices de l'autorité est également punissable. A ce titre, ce n'est ni du populisme, ni du lynchage (n'en déplaise aux beaux esprits dont parle Médiapart) que de proclamer que madame Lagarde, reconnue coupable, aurait du être condamnée, mais la voila protégée par la décision arbitraire d'une dispense de peine ! 

Cette constatation devrait conduire à une large remise en cause de cette juridiction d'exception qu'est la CJR, cette "usine à gaz" dont la seule raison d'exister semble être de blanchir les puissants. C'est ce que disait François Hollande en énonçant une promesse de campagne, non tenue comme tant d'autres : "Je ferai voter une loi supprimant la cour de justice de la République. Les ministres doivent être des citoyens comme les autres".

C'est aussi ce qu'exprime la pétition exigeant "un vrai procès pour Christine Lagarde". Il ne faut pas se faire d'illusions : cette pétition, qui a déjà recueilli près de 200000 signatures, n'a aucune chance d'être suivie d'effet. Cela n'empêche pas de la signer, car plus il y aura de citoyens ordinaires qui y adhéreront, mieux s'exprimera notre indignation devant cette honteuse justice de classe.